
Synopsis & Critique
Une femme, dont on ignore le nom, est abandonnée au restaurant par un compagnon manifestement désintéressé. Après avoir renversé du vin sur elle, elle se lance dans un discours improvisé — devant le public — sur une marque imaginaire appelée « Holy Grail », censée éliminer les taches, juste après qu'une autre femme lui a tendu du sel. Alors qu'elle se sent gênée par sa propre attitude, un homme — lui aussi anonyme — intervient et poursuit son discours. Il l'invite à sortir ; ils déambulent dans la ville et tombent sur un bar illuminé par des LED. À l'intérieur, ils évoquent leur avenir et divers scénarios hypothétiques, se prêtant au jeu de conversations spontanées et inventées de toutes pièces. En sortant du bar, elle ressent un sentiment de décalage ; tout en flânant dans la rue, ils alternent entre confidences profondes et plaisanteries, s'arrêtant devant une vitrine remplie de petits objets pour imaginer les sons qu'ils pourraient produire. Une tension amoureuse sous-jacente imprègne leurs échanges.
La scène suivante se déroule dans un salon privé où Jean Adrien se produit en tant que chanteuse. Elle évoque les émotions quotidiennes qui jalonnent nos vies, tout en encourageant chacun à les exprimer librement. L'établissement, qui rappelle les bars clandestins (« speakeasy »), s'appelle le « Chara-bla-bla » ; on y chante des morceaux improvisés. Un moment d'émotion survient lorsque l'homme de la scène d'ouverture — que l'on a vu s'exercer au chant devant son miroir (Gunther van Severen) — interprète une mélodie, laissant la jeune femme en larmes. L'instant est bref ; ils quittent les lieux et s'arrêtent un moment dans la rue. Ils sont sur le point de s'embrasser, mais reprennent leur chemin. Ils pénètrent ensuite dans un restaurant plongé dans l'obscurité totale, où la conversation s'oriente vers le passé douloureux du personnage masculin. Il lui confie les difficultés rencontrées avec sa mère durant son enfance, mais alors que leurs silhouettes commencent à se deviner dans le noir, il change de ton pour détendre l'atmosphère. Une prise de conscience s'opère chez la jeune femme ; ils s'embrassent dans le restaurant sombre, s'avouant enfin leur attirance mutuelle. S'ensuivent des montages esthétiques les montrant en train de s'embrasser dans les rues de Paris et de partager des moments de complicité.
Ils montent ensuite dans un Uber conduit par Christopher Lambert. Ce dernier les considère comme un couple et partage ses propres doutes amoureux, les amenant ainsi à réfléchir à leur avenir à long terme. Ils explorent les méandres de leur relation. Arrivés à leur prochaine étape — une « salle de défoulement » —, l'héroïne déverse sa rage contre le monde sur les objets mis à disposition. Il se joint à elle, fracassant ses propres chaussures sur la table et se blessant les pieds avec des éclats de verre. Cette blessure le gêne visiblement lorsqu'ils repartent en métro vers le lieu suivant. Une fois sortis du métro, alors qu'ils marchent, le personnage masculin jette ses chaussures par-dessus un pont après qu'elle s'est inquiétée pour ses pieds.
Ils se retrouvent chez lui ; il prépare des boissons dont les ingrédients symbolisent les différentes étapes d'un rendez-vous amoureux, baptisant le cocktail « Alterlove ». Elle l'interroge ensuite sur une boîte posée sur la table ; il lui montre un instrument en bois servant à la méditation, utilisant une poudre issue d'un arbre ancestral mélangée à du tabac pur. Ils s'y adonnent ensemble : il l'aide d'abord, puis l'utilise lui-même. Une conversation grave s'engage sur leur relation ; elle avoue l'aimer, mais s'aimer davantage elle-même, laissant entendre qu'elle ne souhaite pas poursuivre l'aventure au-delà de cette nuit. Ils pleurent, et la scène s'achève alors qu'il s'approche pour l'embrasser ; ils commencent à s'embrasser passionnément, et l'image bascule sur l'intérieur de son appartement. La nuit s'écoule, laissant place à des images esthétiques de Paris qui s'éveille et sort de l'obscurité : baguettes fraîches, extinction des réverbères...
Au matin, elle se réveille dans son lit, enveloppée dans sa couverture. Elle contemple avec mélancolie les verres de la veille, tandis qu'il lui apporte le petit-déjeuner qu'il est allé chercher. Il l'accompagne jusqu'au métro ; sans échanger leurs numéros, elle l'embrasse sur la joue et s'en va.
Partager
Commentaires (0)
Connectez-vous pour laisser un commentaire.