Vous voulez monter une petite machine Linux, essayer un projet connecté ou offrir un ordinateur à bricoler. Le Raspberry Pi vient naturellement à l’esprit, puis vous regardez le panier : la carte, l’alimentation, le stockage, éventuellement le boîtier. Le montant ressemble de moins en moins à celui d’une expérimentation achetée sur un coup de tête. Une nouvelle hausse vient encore compliquer ce calcul.
Depuis le 1er octobre 2026, les Raspberry Pi 4 et Raspberry Pi 5 équipés de 2 Go de mémoire coûtent respectivement 67,50 $ et 77,50 $ au tarif annoncé par le fabricant. Chaque carte prend 12,50 $ supplémentaires. Mon avis est assez simple : le Pi conserve un vrai intérêt pour les projets qui exploitent son format et ses connexions, mais je ne le choisirais plus automatiquement pour héberger quelques logiciels. À ces tarifs, il mérite une comparaison sérieuse avec les autres machines disponibles.
Une hausse qui touche le compromis des 2 Go
Les versions de 2 Go occupent une place intéressante : elles permettent de garder davantage de marge que les modèles de 1 Go, sans payer pour une grosse capacité mémoire. C’est justement ce palier qui augmente cette fois.
| Carte | Prix avant cette hausse | Prix annoncé au 1er octobre | Évolution immédiate |
|---|---|---|---|
| Raspberry Pi 4, 2 Go | 55 $ | 67,50 $ | +12,50 $, soit environ 22,7 % |
| Raspberry Pi 5, 2 Go | 65 $ | 77,50 $ | +12,50 $, soit environ 19,2 % |
Raspberry Pi invoque l’augmentation persistante du coût de la mémoire. Les variantes de 1 Go et les Compute Module 4 et 5 de 2 Go ne changent pas de prix dans cette annonce. Il ne s’agit donc pas d’une hausse uniforme de toute la gamme.
Les montants en dollars servent ici à comparer les tarifs annoncés. Ils ne constituent pas un prix français TTC. Pour votre achat, il faut regarder le montant en euros réellement demandé par le vendeur, les taxes applicables et la livraison. Une conversion de devise ne remplace pas un panier chez un revendeur.
Le Pi 4 coûte 50 % de plus qu’à son lancement, avec la même quantité de RAM
La comparaison historique est parlante. Le Raspberry Pi 4 de 2 Go est arrivé en 2019 à 45 $. À 67,50 $, son tarif est désormais supérieur de 50 % à ce prix de lancement. Entre-temps, il avait même été ramené à 35 $, avant de remonter. Le Raspberry Pi 5 de 2 Go, lui, a été lancé le 19 août 2024 à 50 $ : son prix annoncé actuel est supérieur de 55 % à cette valeur.
SUR LA CHAÎNE · NOUVELLE VIDÉO ZimaBoard 2 & ZimaOS : ce MINI SERVEUR m’a bluffé ! Adieu Raspberry Pi ? Voir la vidéo → Ces pourcentages comparent des montants nominaux, sans correction de l’inflation. Ils ne mesurent pas non plus une amélioration de performances. Passer d’un Pi 4 à un Pi 5 change de génération ; payer plus cher un Pi 4 de 2 Go ne vous donne pas davantage de mémoire.
C’est là que la hausse devient difficile à avaler pour un particulier. Le projet reste le même, la capacité reste la même, mais son financement demande un effort supplémentaire. Une carte achetée pour apprendre peut difficilement justifier son surcoût par un gain de productivité. On peut comprendre la contrainte de fabrication tout en trouvant le résultat franchement moins séduisant.
Je trouve aussi que ce changement fragilise l’achat « pour voir ». Quand le matériel est accessible, on accepte plus facilement qu’une expérience n’aboutisse pas. Quand chaque élément du panier pèse davantage, on attend un usage précis, presque une garantie de rentabilité. Cela change l’esprit du bricolage, surtout pour un débutant qui ne sait pas encore ce qu’il construira dans six mois.
Le bon calcul commence après le prix de la carte
Le prix affiché ne raconte qu’une partie de l’histoire. Une carte nue n’est pas une machine prête à démarrer : il lui faut une alimentation adaptée et un support contenant le système. Selon l’utilisation, il faudra aussi protéger la carte, la relier à un écran ou prévoir un refroidissement.
Le Raspberry Pi 5 peut accueillir un SSD NVMe via son interface PCIe, mais cela demande un adaptateur ou une carte d’extension compatible. Ce n’est pas un emplacement M.2 dans lequel vous glissez directement votre SSD. Si vous voulez cette configuration, son coût doit apparaître dès le départ dans la comparaison.
Autre détail à anticiper lors d’un changement de génération : un boîtier de Pi 4 ne convient pas au Pi 5. Pour ce dernier, le fabricant recommande une alimentation USB-C de qualité fournissant 5 V et 5 A, ainsi qu’un refroidissement actif pour obtenir les meilleures performances. Réutiliser un accessoire exige donc de vérifier sa compatibilité, pas simplement la forme de sa prise.
Je ferais deux paniers avant de prendre une décision : un premier correspondant au minimum nécessaire pour mon usage, puis un second avec les améliorations que je compte réellement ajouter. Si le second inclut déjà un SSD, un adaptateur, un ventilateur et un boîtier, autant comparer directement cette configuration à une machine complète.
- Vous avez déjà des accessoires compatibles : calculez uniquement ce qu’il vous manque, en vérifiant les caractéristiques de l’alimentation et du stockage.
- Vous partez de zéro : additionnez carte, alimentation, stockage, protection éventuelle et livraison.
- Vous utilisez plusieurs cartes : comparez le coût de l’ensemble du projet, y compris les accessoires répétés sur chaque machine.
Ce calcul évite deux erreurs opposées : présenter le Raspberry Pi comme artificiellement peu cher en oubliant ses accessoires, ou le déclarer trop cher en lui ajoutant des équipements dont votre projet n’a pas besoin.
Deux gigaoctets peuvent suffire, mais pas à tous vos futurs projets
La mémoire vive sert aux programmes en cours d’exécution. Elle ne se confond pas avec la capacité de la carte microSD ou du SSD, qui conserve les fichiers. Acheter un stockage plus volumineux ne transforme donc pas une carte de 2 Go en modèle de 4 Go.
Pour choisir, je partirais de la charge réelle : combien de programmes tournent simultanément, quelle quantité de données ils gardent en mémoire, et que se passe-t-il pendant une opération plus lourde ? Un système calme au repos peut connaître des pointes pendant une mise à jour, une indexation ou un traitement. Le besoin ne se résume pas à une valeur observée juste après le démarrage.
Imaginons une carte dédiée à un seul petit service, administré à distance. Ce scénario peut permettre un budget mémoire contenu, à condition de vérifier les exigences du logiciel et sa charge prévue. À l’inverse, un bureau graphique, un navigateur et plusieurs applications ouverts en même temps rendent la marge plus précieuse. La présence d’un processeur rapide ne fait pas disparaître cette limite.
Raspberry Pi OS Lite, dépourvu de bureau graphique, est une possibilité pour une machine administrée à distance. Cela évite d’installer un environnement dont vous ne vous servez pas. Ce choix ne garantit toutefois pas qu’une application donnée tiendra dans 2 Go : ses besoins et ses extensions restent déterminants.
Le piège à éviter : réduire la mémoire uniquement pour obtenir le panier le moins cher, puis découvrir que la carte ne convient pas au logiciel prévu. Avant l’achat, consultez ses prérequis actuels et prévoyez une marge justifiée. Le bon dimensionnement consiste à retirer le superflu, sans acheter une limite qui vous gênera dès le premier jour.
Il existe aussi une différence entre une carte dédiée et une carte d’apprentissage. La première accomplit une mission connue. La seconde peut changer de rôle au fil de vos découvertes. Dans ce dernier cas, un peu de marge n’est pas forcément du gaspillage : elle peut éviter de remplacer la machine quand votre projet évolue.
Pour des capteurs et de l’électronique, le Pi garde une raison d’être
Comparer des machines uniquement sur leur quantité de RAM ou la puissance de leur processeur ne suffit pas. Le Raspberry Pi possède notamment un connecteur GPIO de 40 broches, destiné aux entrées et sorties avec du matériel externe. Son intérêt devient beaucoup plus concret quand le projet exploite ce type de connexion.
Si vous voulez associer du code à un montage électronique, intégrer la carte dans un objet ou travailler avec un accessoire spécifiquement conçu pour elle, la question n’est plus seulement « combien coûte un petit ordinateur ? ». Elle devient « combien coûte une solution adaptée à ce montage ? ». Un ordinateur de bureau compact ne remplace pas automatiquement la carte et ses connexions.
Le temps de préparation compte également. Avant de choisir une autre carte, vérifiez que votre système, vos bibliothèques et votre accessoire sont pris en charge. Une économie sur le matériel peut perdre son intérêt si elle impose d’adapter tout le projet. Pour apprendre, cet effort peut être intéressant ; pour terminer un montage précis, il peut être une complication inutile.
Je ne paierais donc pas le supplément par fidélité à un logo, mais je peux comprendre qu’on le paie pour une adéquation concrète. La bonne justification doit apparaître dans votre projet : un connecteur utilisé, un format nécessaire, un accessoire compatible ou une procédure que vous pouvez suivre sans repartir de zéro.
Pour un serveur logiciel, je regarderais aussi les machines complètes
Si votre projet n’utilise aucune connexion propre au Pi, la comparaison s’ouvre davantage. Une machine destinée à héberger des applications doit surtout offrir les ressources, le stockage et la compatibilité nécessaires. Le boîtier miniature et la carte apparente ne sont pas des objectifs en eux-mêmes.
Un mini-PC neuf ou un ordinateur compact d’occasion mérite alors d’être examiné. Je ne donne pas de seuil universel à partir duquel il serait forcément meilleur : les configurations et les offres changent, et un produit d’occasion n’offre pas les mêmes garanties qu’un appareil neuf. Il faut comparer des annonces réelles, au moment de l’achat.
| Point à vérifier | Question utile |
|---|---|
| Configuration complète | L’alimentation, la mémoire et le stockage sont-ils inclus dans le montant comparé ? |
| Compatibilité logicielle | Mes applications et leurs dépendances prennent-elles en charge l’architecture de cette machine ? |
| Stockage | Quelle capacité est fournie et comment pourrai-je la faire évoluer ? |
| Fonctionnement permanent | Ai-je des informations fiables sur le bruit et la consommation dans mon usage ? |
| Occasion | Quel est l’état du matériel, et quels accessoires et garanties accompagnent la vente ? |
Cette grille permet d’éviter les comparaisons spectaculaires mais bancales. Une carte nue et un mini-PC équipé ne sont pas deux offres directement équivalentes. Inversement, une grosse quantité de mémoire sur une annonce ne prouve pas que la machine conviendra mieux à votre application.
Pour une installation permanente, regardez aussi le coût d’utilisation. Une économie à l’achat peut être réduite par une consommation plus élevée, mais il faut disposer de mesures pertinentes pour le vérifier. Je ne conclurais pas à partir de la puissance inscrite sur le bloc d’alimentation : sa capacité maximale n’est pas la consommation permanente de l’ordinateur.
La hausse s’explique, mais l’accessibilité se défend aussi
Je ne vois pas de raison de présenter cette hausse comme la preuve automatique d’une politique de prix abusive. Une explication industrielle peut être réelle. En revanche, elle ne rend pas la facture plus légère pour celui qui veut apprendre, équiper un atelier ou acheter plusieurs cartes.
Mon reproche porte surtout sur le résultat : le compromis accessible devient moins facile à trouver. Conseiller de réduire les besoins aide quand le projet est bien défini. Cela répond moins bien à quelqu’un qui achète sa première carte pour explorer Linux et la programmation, sans connaître encore ses besoins futurs.
Pour un atelier hypothétique de dix cartes de 2 Go, le supplément annoncé représente déjà 125 $ sur les cartes seules, avant le traitement local des taxes et les accessoires. Ce calcul illustre pourquoi une hausse modeste en valeur absolue peut modifier un projet collectif. On peut devoir acheter moins de matériel ou partager davantage les machines.
La meilleure réponse individuelle reste de faire durer ce qui fonctionne. Si votre Pi actuel accomplit sa mission, un nouveau tarif n’impose aucun remplacement. Et si vous avez du matériel inutilisé, commencez par vérifier s’il peut répondre au besoin avant de constituer un nouveau panier. Acheter plus puissant n’est utile que lorsque vous pouvez expliquer ce que cela débloque.
Mon conseil : choisissez le Raspberry Pi quand ses caractéristiques servent votre projet, et comparez une configuration complète quand vous cherchez surtout un petit serveur. Cette hausse ne retire pas ses qualités à la plateforme. Elle retire en revanche une bonne partie de la facilité avec laquelle on pouvait la recommander les yeux fermés.
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